Pourquoi l’autre ne me met pas en priorité comme je le fais moi ?

Attentes, besoins, limites, émotions. Nous avons tous un système de valeurs construit sur notre vécu, qui génère des besoins et des limites personnelles. Les émotions quant à elles sont nos guides intérieurs.

Je vous parle aujourd’hui du plus profond de mon cœur (enfin d’habitude aussi, mais là encore plus), J’aborde ce sujet selon mes croyances et mon vécu, et je sais que cela parlera à certains d’entre vous.

Etant hypersensible, j’ai au cours de ma vie acquis la croyance que mes émotions sont toujours « trop » ou bien déplacées, que je m’épanche, que j’exagère, que je suis irrationnelle, etc. J’ai donc appris que cela dérangeait les gens. Enfin, ce qui était seulement une catégorie de personnes, est devenu « les gens », en général. Et donc, dans mon corps d’enfant, cette croyance est devenue « si tu montres tes émotions tu seras rejetée, elles sont forcément illégitimes et inadaptées ». J’ai donc pris l’habitude de les garder pour moi, et de préférer aller pleurer dans l’ombre et crier dans mes oreillers.

J’ai compris récemment que lesdites émotions arrivaient notamment quand mes besoins et limites n’étaient pas remplis/entendus/remarqués, voire étaient bafoués. Et les émotions sont au cours du temps devenues de plus en plus violentes, à mesure que je n’exprimais pas les besoins qui les généraient. En fait, j’ai confondu manifestation émotionnelle et communication des besoins/limites, car vu que je ne les exprimais pas, la croyance est alors passée de : « mes émotions sont illégitimes et inadaptées » à « mes besoins sont illégitimes et inadaptés« . Cercle vicieux enclenché, moins j’exprimais mes besoins/limites, plus mes émotions étaient violentes, plus j’avais honte, plus je les gardais pour moi, plus cela s’intensifiait. Dès que je sentais l’inconfort intérieur pointer le bout de son nez, j’avais la pensée automatique « non, je ne vais pas le/la déranger avec mon irrationnalité, iel à d’autres chats à fouetter » (horrible expression au passage). Et paradoxalement, mes besoins se faisaient de plus en plus puissants, et mes attentes inflexibles.

Et me voilà donc, tout au long de ma vie, à contracter mon petit cœur à chaque fois que quelqu’un de proche ou d’inconnu fait ou ne fait pas quelque chose qui ne convient pas à mon système de valeurs. Car je ne veux pas faire de vagues. (Et je ne parle pas de touuus les efforts déployés pour convenir aux besoins de l’autre car c’est encore un autre sujet).

En d’autres mots, cela revient à ne pas exprimer mes besoins pour ne pas déranger l’autre dans son bien-être. Donc à prioriser l’autre, et ME passer en second(e) en bafouant mes propres besoins/limites (d’ailleurs ces besoins de l’autre sont le fruit d’une interprétation tirée des croyances liées au vécu ! Car à ce niveau il n’y a aucune communication, tout se passe dans ma tête, et qui me dit que l’autre n’a pas envie d’écouter, et peut être aider, apporter des solutions ou revoir son comportement car iel désire une bonne relation avec moi ? Si je ne l’exprime pas, je ne peux même pas le savoir).

Et en fait, l’autre est le miroir de nous-même. Il nous traite comme on se traite soi. On ne retient de ce qu’il fait que si cela rentre en résonnance avec nos croyances et nos schémas intérieurs. En conclusion, il y a deux choses importantes à retenir :

  • Comment l’autre peut il me donner la priorité si je ne me la permets pas moi-même ?
  • La répétition de ce schéma engendre une telle accumulation émotionnelle qu’un jour : soit on explose, soit on tombe malade.

Alors mon petit conseil pour la fin :

  • si vous sentez l’inconfort émotionnel se manifester, exprimez en temps réel votre besoin/limite, afin de le désolidariser de l’intensité émotionnelle (ainsi que de peut-être donner à l’autre une opportunité d’être là pour vous, vous rassurer et vous aider à torpiller cette croyance limitante !)
  • ne partez pas du principe que vous aller déranger l’autre (et si c’est le cas constamment autour de vous, il serait peut-être intéressant de reconsidérer qui vous entoure).

2 commentaires sur “Pourquoi l’autre ne me met pas en priorité comme je le fais moi ?

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