Anesthésie

D’où vient la souffrance ?

« Un autre aspect de la douleur émotionnelle inhérent au mental et à l’ego, c’est le sentiment profondément ancré d’être incomplet, de ne pas être entier. […] Les gens entament souvent une démarche boulimique de gratification de l’ego et aspirent à acquérir des choses auxquelles ils s’identifient pour pouvoir combler ce trou qu’ils sentent en eux. Alors ils courent après les biens, l’argent, le succès, le pouvoir, la reconnaissance ou une relation spéciale pour mieux se sentir, pour être plus complets. Mais même lorsqu’ils ont obtenu tout cela, ils découvrent sans tarder que le trou est encore là, qu’il est sans fond. »

– Eckhart tolle ; le pouvoir du moment présent

Pour beaucoup nous sommes en fuite constante de nous mêmes. Pris dans un tourbillon compulsif de remplissage de vie par l’action, le travail, la bouffe, l’alcool, le sexe, la cigarette, les sorties à outrance, la télévision, les achats incessants, le sommeil excessif, la collection des partenaires… l’enchaînement virevoltant des activités humaines qu’on ne pratique plus par la conscience mais par un désir irrépressible de ne pas être confronté à ce qui nous fait le plus peur : l’enfant tout au fond de nous, celui qui a vécu des traumas et a besoin de les guérir. Celui qui est effrayé, pleure et se met en colère.

On devient alors persécuté et compulsif. On ne rencontre plus l’autre dans l’amour et l’accueil, mais dans le besoin qu’il nous échappe de la rencontre avec nous mêmes.
Mais ce qui est triste c’est que cela nous empêche de tous nous rencontrer, et de nous aimer purement.
Il n’y a qu’à voir tous ces moments où on nous enlève, ou bien nous refuse ce que l’on souhaitait. La douleur et la frustration sont immenses. Mais expérimenter le refus de la satisfaction des besoins compulsifs est un tremplin. Un tremplin qui fait si mal qu’on ne peut plus fuir la douleur originelle au fond de nous.

Seul.es avec elle, nous effleurons alors le salut. Dans le silence on ne peut plus qu’observer et attendre. Et lui donner l’occasion de se libérer. Car la fuite anesthésie mais ne guérit pas, elle ne fait que repousser la souffrance qui revient plus intensément chaque jour où elle est non traitée.

Essayez donc de boire un grand verre d’eau pour calmer la brûlure du piment oiseau que vous venez d’avaler. C’est exactement cela.

Laissez la brûlure se calmer par elle même et observez : au bout d’un moment, elle devient alors une douce chaleur puis disparaît.

💛

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