Suis-je assez bien ?

Je dois, il faut, je n’ai pas assuré, j’aurais du, il/elle est plus performant(e), je ne mérite pas, je ne suis pas capable, je n’y arriverai pas etc. Les pensées de jugement et d’autodénigrement naissent dans l’esprit à l’infini, tant et si bien que nous les prenons pour acquises en oubliant qu’elles ne sont que des productions du cerveau qui découlent de nos expériences passées, du vécu, de l’inconscient collectif, des enseignements, des transmissions, des autres, des médias, de notre culture et j’en passe. Nous sélectionnons des informations de notre passé pour nous faire une liste de croyances et fondations sur lesquelles nous nous appuyons pour créer notre propre schéma d’analyse de nous même et du monde. Nos quelques 50 000 pensées par jour générées sont conditionnées par notre prisme de croyances et à force de baigner dedans, on jette un voile entre nous, notre vrai nous et le monde qui nous entoure.

Nous analysons donc toute information qui nous parvient à travers ce prisme.

Par exemple, pour beaucoup les croyances poussent à oublier que manger est avant tout ETRE et SE SENTIR vivant, ainsi que PRENDRE du plaisir. La société de consommation tend à faire baisser l’estime de soi en créant de la comparaison et en implantant des idéaux impossibles à atteindre. Ainsi, honte, culpabilité et non acceptation de soi naissent. Et d’aucuns deviennent plus sensibles aux injonctions de ce qu’il devraient acheter pour se rapprocher de ces idéaux (publicités agressives pour certains régimes amaigrissants par exemple). Ils sont tiraillés entre ça et l’abondance alimentaire qui rivalise de persuasion en stimulant les zones cérébrales du plaisir.

Pour se libérer de cela, il suffit simplement (simple mais pas facile !) de se souvenir que toutes ces croyances ne sont que des constructions de notre esprit. Et tout ce qui est construit peut être déconstruit. De se rappeler que nous ne sommes pas nos pensées, que nous ne sommes pas ce que notre culture (qui n’est que le reflet de nous même car nous l’analysons à travers nos prismes personnels), nous souffle d’incarner. Que nous sommes tous différents et complémentaires, nul besoin de se comparer ! Des êtres humains, parfaitement imparfaits et certainement pas linéaires, certainement pas capables de suivre des règles inflexibles comme des robots. Le chemin vers l’acceptation vient par le pardon de ce qu’on considère comme nos faiblesses.

Nous avons appris à être dur avec nous même pour progresser, mais être trop strict paralyse. Pour reprendre les mots du psychiatre Christophe André s’accepter n’est pas se résigner.

Se dénigrer c’est : « je suis gros(se), quelle vache regarde moi ça, aucune volonté c’est ridicule »

Se résigner c’est : « bon ben foutu pour foutu, je lâche tout »

S’accepter c’est : « j’ai pris du poids et cela m’embête. Il doit y avoir une bonne raison à ça même si je ne le réalise pas encore. Ce n’est pas grave, j’ai les ressources pour évoluer »

Dans le premier cas la personne va probablement se mettre à contrôler à fond ses apports alimentaires, puis craquer au bout d’un moment, ceci renforçant sa conviction de n’avoir aucune volonté. Dans le second car la personne prendra encore plus de poids et perdra encore plus confiance. Enfin dans le dernier cas la personne reconnait que ça l’attriste mais fait preuve de bienveillance envers elle-même et sait qu’elle n’est pas immuable.

Il peut être intéressant de faire un petit état des lieux de ce qui a fonctionné pour nous jusqu’à présent. En listant certaines de nos croyances on les amène à la conscience et on peut se demander si elles sont utiles ou juste plombantes.

Par exemple :

  • « On ne m’aimera que si je fais un poids particulier »
  • Depuis combien de temps je pense cela ?
  • Est-ce que cette pensée a une influence sur mon poids ?
  • Si oui, laquelle ?
  • Comment cela me fait me sentir ?
  • Est-ce que ce système me fait rencontrer l’amour ?

Selon les réponses, on pourra se dire que cette pensée ne fait que nous blesser. A quoi bon garder quelque chose non seulement blessant, mais qui en plus n’aide pas à atteindre notre objectif ?

-> Allez : à la poubelle la pensée inutile 

Puis à chaque fois qu’elle sort dans notre esprit, on choisit volontairement de la remplacer par une nouvelle, par exemple « je ne suis pas qu’un corps, on m’aime pour toute la complexité que je dégage ».

En gardant à l’esprit que chacun construit sa réalité mentale, cela permet de sortir de la place de victime et donc par ce biais de l’impuissance. Nous sommes tous responsables de nos pensées, ce n’est pas parce qu’on pense cela que c’est réel. Ou en tout cas, si on pense quelque chose et que ça devient vrai, ça veut dire que l’opposé peut devenir vrai aussi.

Ce peut être dur à digérer, mais par la même occasion donne le pouvoir de construire quelque chose de nouveau.

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