En bref : Pourquoi les régimes [amaigrissants] ne marchent pas sur le long terme ?

Bon. Je considère important de faire un point express sur les régimes amaigrissants, et pourquoi on les critique. Quand l’été approche, ils fleurissent de tous les côtés : Dukan, WW, Comme J’aime, monodiètes et autres poudres magiques, ils mettent plus ou moins tous l’accent sur une perte de poids efficace et ultrarapide. Après tout c’est qu’on veut non ?

Malheureusement après une phase de lune de miel ou on observe de jolis résultats sur la balance et dans le miroir, la perte de poids se tasse, se lisse et finit par s’immobiliser. Alors d’aucun se retrouve déçu, perd sa motivation, porte un lot d’émotions négatives par rapport à lui même et reprend le poids qu’il a perdu, voire plus.

Ça, c’est le schéma classique, qui peut se répéter à l’infini au cours d’une vie. Et malheureusement, lorsque on parle de régimes amaigrissants, « l’échec à long terme est la règle, et le succès l’exception » pour reprendre la très juste expression des chercheurs de l’institut universitaire de Montpellier. Maintenant, je vais essayer d’éclaircir pour vous les raisons de cet échec.

Les effets sur le corps

La balance énergétique

Commençons par clarifier le fonctionnement de la dépense d’énergie. Les aliments nous apportent par leurs différents nutriments, de l’énergie (calories). Celle ci va être utilisée par notre corps avec la répartition suivante :

  • 60% dépense de base
  • 30% activité physique
  • 6 à 7% effet thermique des aliments

La dépense de base correspond à notre activité métabolique : nos cellules qui se divisent, des protéines qui se créent, etc. Notre corps est constamment en pleine action ! L’activité physique est considérée comme modérée (équivalent à 30 min de marche active par jour). Enfin, par effet thermique des aliments, comprenez l’ensemble de l’énergie dépensée pour leur digestion, transformation et stockage. Donc, au quotidien un individu qui mange de façon régulière, avec un poids stable, aura des apports énergétiques équivalents à ses dépenses.

Quand on « se met au régime », on effectue une modification de l’énergie qu’on ingère, on se retrouve donc avec une modification de la balance énergétique : on dépense plus qu’on n’absorbe et on perd du poids !

Le truc, c’est que la physiologie du corps a tendance à s’opposer à la perte de poids . Parce que l’animal dans son état naturel a besoin d’apports réguliers pour rester en bonne santé et bien fonctionner, et la famine est redoutée. Donc face à la restriction, notre corps va rentrer en mode « économie d’énergie » et ainsi diminuer ses dépenses de base pour les aligner sur les apports caloriques. C’est pour cela que la perte de poids diminue avec le temps, même si on est très assidu, et qu’il faut en fait recalculer à la baisse les apports lors d’un régime amaigrissant.

Masse maigre et masse grasse

Maintenant, il est important de savoir que notre poids est réparti entre nos muscles et nos graisses. Et bien sûr, quand on fait un régime on veut perdre du gras ! Mais il faut bien prendre conscience qu’une baisse des apports a aussi pour conséquence une fonte musculaire. Et cela même si on poursuit une activité physique ou augmente les protéines.

DONC, nous avons une baisse des apports énergétiques qui entraîne une diminution de la masse grasse et une fonte des muscles, puis une adaptation du corps avec une baisse des dépenses de base.

L’effet « yoyo »

Comme expliqué ci-dessus, un régime restrictif conduira inévitablement à une perte de masse maigre (muscles). Et puis, lorsque la motivation baisse, que la perte de poids ralentit, on craque, on range les efforts au placard et on reprend nos habitudes. Nos kilos reviennent, mais ils se retrouvent répartis de façon modifiée : le tissu musculaire perdu lors du régime restrictif se voit « remplacé » par du tissu graisseux ! Multipliez cet effet par le nombre de régimes amaigrissants qu’une personne angoissée par son poids peut effectuer au cours de sa vie, et on va arriver à une modification très importante. Le résultat conduit à un surpoids de plus en plus résistant.  Car ce sont nos muscles qui dépensent le plus d’énergie dans notre métabolisme de base.

Conclusion

On garde bien en tête que la magie et les miracles, le corps il ne conçoit pas. Si vous voulez ou devez perdre du poids, faites vous accompagner par un(e) professionnel(le) de la nutrition (par exemple un(e) diététicien(ne) diplômé(e) d’état 😉 ). Considérez bien aussi que les vrais changements se font en profondeur, et prennent du temps, et demandent des efforts pour modifier ses habitudes sur le long terme. Etre accompagné permet d’être rassuré, de savoir ou on va, et de respecter son corps et son fonctionnement !

N’oubliez pas qu’il n’y a pas de poids parfait, de méthode parfaite, ni d’idéal. Nous sommes tous différents, parfaits à notre façon. Nous avons tous aussi nos angoisses, nos difficultés et nos émotions. Il est aussi important d’apprendre à s’accepter tel que nous sommes, et d’arrêter de nous comparer. Il n’y a pas de norme, juste la beauté singulière de chacun !

Sources:

L. Monnier et al. (2013) L’échec des régimes amaigrissants. Une fatalité prévisible ? Pourquoi ? Médecine des maladies métaboliques. Vol 7-2.

F. Amati, A. Golay. (2005) Dieting or not dieting ? Rev Med Suisse. Vol 1.

http://campus.cerimes.fr/nutrition/enseignement/nutrition_3/site/html/1.html

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